Présentation du président



LOUIS BATCHO
Co-fondateur, Président et Vice-Président
BATCHO TRANSPORT ET LOGISTIQUE S.E.N.C
MONTRÉAL GLOBAL LOGISTICS INC.

LA ROUTE ÉTONNANTE D’UN PASSIONNÉ DE TRANSPORT
Louis Batcho est un jeune entrepreneur béninois, installé à Montréal depuis 2009. Il est associé de deux entreprises en pleine croissance, Batcho Transport et Logistiques et Montréal Global Logistics. C’est un passionné de son secteur, un homme qui a réalisé son rêve et qui dégage une humilité et une humanité inspirantes.

C'est peut-être ses pérégrinations de jeunesse, dues aux diverses affectations de son père enseignant, qui ont donné à Louis Batcho, ce goût du voyage et de l’ailleurs qui ont marqué son parcours d’entrepreneur en transport. Originaire du Bénin, Louis Batcho naît et grandit en Côte-d’Ivoire où ses parents ont immigré une trentaine d’années plus tôt. Il est le benjamin d’une famille de cinq où l’on s’entraide beaucoup. Aujourd’hui, Louis Batcho dégage une confiance calme et on découvre rapidement un caractère obstiné, mais posé. Il parle avec assurance tout en choisissant bien ses mots. Il plonge dans ses souvenirs avec un plaisir évident pour témoigner fidèlement des dernières années, celles qui l’ont conduit à réaliser le rêve de sa vie : avoir sa propre entreprise.

La bougeotte comme héritage
L’histoire, celle qui nous intéresse particulièrement, commence au moment où Louis termine ses études postsecondaires. À l’époque, Louis écoute avec beaucoup d’attention les conseils de son grand frère, pour lequel il entretient une grande affection. Ce grand frère aura une incidence importante dans le destin de Louis puisque c’est lui qui l’encourage à poursuivre des études dans le secteur du transport. Influencé par l’expérience positive de son ainé et les nombreuses possibilités de carrière dans le secteur, en 2000, il s’inscrit à l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM), à Abidjan, capitale ivoirienne. C’est un vrai coup de foudre. « C’est un milieu dynamique le transport, ça éveille tous les sens, ça bouge beaucoup, ça engage ta personnalité et j’aime ça! », explique-t-il en se remémorant cette période déterminante de sa vie. Il passe donc deux ans à étudier le transport multimodal (aérien, maritime et terrestre). Étant donné la proximité du port d’Abidjan, le plus important de l’Afrique de l’Ouest, le jeune étudiant apprend surtout les rouages des équipes sédentaires responsables du transport maritime : la prise en charge de la réception des bateaux, des conteneurs, des équipages et la gestion du matériel transporté. Il réalise également un court stage à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny qui lui permet de découvrir un autre volet de l’industrie du transport.

Premiers pas dans la vie professionnelle
À la fin de ses études, il s’autorise quelques vacances et part au Bénin visiter ses parents qui s’y sont réinstallés depuis leur retraite. Son diplôme en poche et fort de ses expériences de stage, Louis Batcho profite de son séjour pour s’enquérir des opportunités d’emploi. Il dépose finalement son CV dans une trentaine d’entreprises, mais ce n’est qu’un an plus tard, après avoir transité par le Ghana, entamé des cours d’anglais à l’Université de Cotonou et effectué un autre stage dans le secteur portuaire, que ses démarches portent fruit. Son premier employeur, la succursale béninoise de DHL Express, le convoque alors en entrevue. L’opportunité est excitante puisque la compagnie internationale est en train de créer un nouveau département et un nouveau poste, celui de coordonnateur logistique, qu’ils décident d’offrir à Louis Batcho en 2003. Ambitieux, innovateur et fonceur, il accepte le défi. Pendant trois ans, il apprend énormément sur son métier et contribue à l’expansion de la compagnie, tout en murissant le projet de développer sa propre affaire.

Cette fibre entrepreneuriale, Louis Batcho l’a développée depuis son passage à l’ARSTM d’Abidjan. Sur les bancs de l’école, il rêve déjà d’une entreprise qui pourra donner du travail aux gens de sa communauté et par le fait même nourrir de nombreuses familles. « Créer une entreprise, c’est quelque chose que je devais accomplir dans ma vie. Pour moi, c’était une manière d’avoir un impact social, une façon d’être un plus à la société que nous constituons », se rappelle-t-il le regard fier et assuré d’avoir aujourd’hui accompli son but. Quand il parvient au terme de son contrat avec DHL Express, fin 2005, Louis Batcho est loin de se douter du parcours et des épreuves qui le séparent encore de sa situation actuelle, celle de co-fondateur et d’associé de deux entreprises québécoises en pleine croissance, Batcho Transport et Logistique et Montréal Global Logistics. En 2006, il jongle encore entre deux idées : celle de fonder un stand de nourriture sur la plage de Cotonou ou bien celle de poursuivre ses études universitaires à l’étranger. Si ces deux possibilités semblent contradictoires, elles sont en fait une façon pour Louis de s’assurer de garder le maximum de possibilités ouvertes et d’éviter d’être déçu si une d’elle ne se concrétise pas. Il explique qu’il est le genre de personne qui plante plusieurs graines en même temps pour être certain de voir l’une d’elles pousser.

Le début d’un long voyage
La plage de Cotonou n’aura finalement jamais l’occasion d’accueillir la première entreprise de Louis Batcho, puisqu’en 2006 celui-ci s’envole vers le Nebraska, cet État principalement rural et agricole niché au cœur des Grandes Plaines et du Midwest américain. « J’avais commencé à acheter le matériel [pour son entreprise de bouffe de rue] et il y avait déjà la cuisinière qui était venue de la Côte-d’Ivoire, mais en même temps je finalisais mon inscription à l’Université de Bellevue, au Nebraska », se rappelle-t-il, le sourire aux lèvres. Si le jeune Louis décide de s’envoler à plus de 10 000 km de chez lui, c’est qu’il est persuadé que des études à l’étranger lui permettront de se démarquer professionnellement et l’aideront à développer la carrière entrepreneuriale envisagée. Très attaché à sa mère, il admet aussi que c’était en partie pour lui faire plaisir, elle qui rêvait de voir son fils réaliser des études doctorales. C’est donc avec tous ces rêves et aspirations, que l’étudiant débarque dans cette petite ville américaine pour entamer un bachelor en management. Il commence par apprendre l’anglais, un atout linguistique essentiel pour lui aujourd’hui Par la suite, il suit un programme dont le but est de former des gestionnaires. Pendant cette période, il apprend beaucoup, côtoie des collègues de classe qui sont cadres dans des grandes chaines, et élabore déjà un plan d’action détaillé pour le futur.

Vers la fin de ses études, en 2008, il réalise alors que son avenir est difficilement envisageable aux États-Unis étant donné les difficultés que les étudiants étrangers rencontrent pour y immigrer. Pour être commandité par une entreprise et donc prolonger son droit de résidence aux États-Unis, l’étudiant étranger doit être jugé « indispensable » pour l’entreprise et celle-ci doit prouver qu’il n’existe pas de candidat américain équivalent. « Disons que ce n’est pas le cas en management! », explique Louis en riant. Il tourne alors les yeux vers le pays voisin, celui dont il ne connait encore que peu de choses, le Canada. « C’était une porte ouverte pour l’immigration de travailleurs qualifiés. J’avais de l’expérience au pays, au Bénin, dans les transports; donc, sachant cela, je me suis dit qu’après avoir fini mon programme, j’allais essayer d’y trouver des opportunités ». Cette intuition et ce goût de l’aventure sont confortés par une visite qu’il fait en 2007, alors encore étudiant au Nebraska, à un de ses très proches amis qui habitait à Gatineau. « Il m’a donné l’amour du Canada », se rappelle Louis en racontant comment son ami, qu’il appelle affectueusement « grand-frère », lui a vanté le pays, les avantages d’y vivre et le sentiment de sécurité qui y régnait. Près de deux ans après cette discussion décisive, Louis Batcho débarque au Canada avec son visa de travailleur qualifié et beaucoup de détermination.

Premières années montréalaises
Multilingue, très scolarisé et détenteur d’une grande expérience professionnelle dans son secteur, Louis peine tout de même à trouver un emploi dans l’industrie du transport. « J’ai vécu quelques frustrations en arrivant. Avec mon bagage, je pensais que les grosses entreprises du Canada allaient me courir après, mais ça n’a pas été le cas. J’ai envoyé beaucoup de CV, je suis allé à des rendez-vous, j’ai fait du réseautage, j’ai fait tout ça… Du coup, j’ai été déçu [que ça ne fonctionne pas] !», confesse-t-il, sans amertume. En effet, Louis Batcho n’a pas de rancœur en se remémorant ces premiers mois qui n’ont pas toujours été faciles puisque cette expérience a en fait été un tremplin pour lui : elle a ravivé sa flamme entrepreneuriale. « J’ai réalisé que le travail que je souhaitais avoir dans une entreprise, un poste de décideur, je ne l’aurais pas si je ne créais pas moi-même ma propre entreprise ». De son arrivée à la création de sa première entreprise, trois ans s’écoulent. Louis Batcho commence par cumuler des petits boulots, « le travail, qu’il soit petit ou qu’il soit grand nourrit son homme », estime-t-il, avant d’en trouver un régulier, dans une imprimerie, pas si mal payé, puis de le quitter deux ans plus tard pour un poste en assurances. Stratégique, il entrevoit dans ce nouvel emploi l’occasion de développer une expérience en service à la clientèle et en vente. Il y apprend comment approcher des nouveaux clients, leur faire des propositions, les inviter à des rencontres d’affaires, bref des compétences essentielles pour un futur homme d’affaires.

En parallèle, Louis Batcho continue à affiner son projet d’entreprise. Presque prêt à se lancer, il réalise qu’il manque de fonds suffisants pour le faire. Il retourne donc chez son ancien employeur en imprimerie, où les conditions salariales étaient meilleures. Il travaille encore à temps plein au moment où il cofonde, en 2012, avec son frère ainé, Gautier, qui fait des allers-retours entre l’Afrique et le Canada, Batcho Entreprises, spécialisée dans la vente en gros de biens divers et dans le transport par groupage de colis à l’international. « L’idée de l’entreprise était de faire l’exportation et de la vente de gros vers le reste du monde et ça n’a pas changé depuis. Au début, on commence donc par chercher les clients, faire le groupage, appeler des gens, aller à des rencontres et des activités culturelles pour se faire connaitre », se souvient-il. Plus simplement, Louis et son frère, proposent à une clientèle majoritairement africaine de se charger pour eux de l’achat de biens au Canada, puis de les acheminer ou de s’occuper du transport de biens qu’ils possèdent déjà vers de multiples destinations en Afrique. Pour s’assurer des meilleurs tarifs, Batcho Entreprises réunit les biens de plusieurs personnes dans un seul et même conteneur qui se rendra vers la même destination : c’est le principe du groupage. Louis, qui est expérimenté dans le commerce et le transport international, et son frère, qui est un excellent vendeur, forment alors une bonne équipe aux forces complémentaires. Un an après la création de Batcho Entreprises et tout en complétant une attestation d’études collégiales (AEC) en logistique intermodal international, Louis démissionne de son emploi pour se consacrer entièrement à son entreprise. Les frères Batcho ont alors le vent dans les voiles. Les clients se font de plus en plus nombreux. En 2013, Louis fait une rencontre déterminante, celle de Mahamadi Congo, un entrepreneur très investi dans la vente de voitures à l’international, avec qui il s’associe pour créer une nouvelle entreprise transitaire deux ans plus tard: Montréal Global Logistics. Cette dernière est spécialisée dans le chargement des conteneurs, et devient donc le bras logistique de l’entreprise des frères Batcho et de celle de Mahamadi Congo (Entreprise Novis Inc.). Cette nouvelle entreprise permettra à Batcho Entreprises de se développer un réseau encore plus grand et de prendre son envol, en plus d’avoir accès à des entrepôts et des spécialistes de chargement.

L’envol d’un entrepreneur qui voit grand
En 2015, les affaires vont toujours bon train, les frères Batcho envoient maintenant plus de 250 conteneurs vers différents pays, mais leurs avis divergent sur la mission même de leur entreprise. Ils décident alors de prendre des chemins différents, tout en préservant de bonnes relations. C’est à ce moment que l’épouse de Louis Batcho, qui le soutenait déjà dans certaines opérations, devient sa nouvelle associée. Dirigé d’une main ferme et assurée, le navire Batcho Entreprises devient Batcho Transport et Logistique, mais demeure une société familiale, et elle s’accroit encore plus. Entre 2015 et 2016, le terrain des opérations est délocalisé d’un espace de 20 000 pieds carrés vers un espace deux fois plus grand, avec possibilité d’extension sur 40 000 pieds carrés supplémentaires. Entre 2016 et 2017, le volume de conteneurs transités passe de 580 à 620.

Aujourd’hui, les deux entreprises de Louis Batcho sont en pleine expansion. L’équipe s’agrandit et de nouveaux employés sont recrutés pendant cette même période. Louis continue de recruter des agents groupeurs originaires de différents pays d’Afrique, qui démontrent une expertise et une expérience dans la réglementation et le fonctionnement douanier en vigueur dans ces pays. Au fil des années, il réussit à créer des partenariats avec des agents groupeurs du Sénégal, du Mali, de la Guinée, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun et du Nigéria.

Le jeune entrepreneur, devenu entre-temps papa, se dit fier d’avoir réalisé son rêve d’enfance et de permettre à des familles de vivre de son entreprise. Il veut conduire la croissance de son entreprise de manière à augmenter le nombre d’employés qui pourront vivre des retombées de Batcho Transport et Logistique. Il s’engage par ailleurs au niveau de la communauté immigrante africaine en faisant la promotion de l’émergence de nouvelles entreprises en commerce international en plus de soutenir les jeunes immigrants qui souhaitent faire des affaires avec leur pays d’origine en leur offrant des séances de coaching.

Mais ce qui le rend particulièrement fier, c’est d’avoir été capable de redonner des lettres de noblesse à un secteur qui avait mauvaise réputation. « Au pays, pour beaucoup de gens, le transitaire est associé aux douaniers qui eux ont la réputation d’être des escrocs », explique Louis Batcho. En respectant sa parole, en faisant preuve de beaucoup de sérieux et de professionnalisme, il pense avoir été capable, à son échelle, de changer cette image. « Il ne faut jamais que le client se sente abandonné. »

Louis Batcho sait que son histoire est particulière. En neuf ans, le Béninois a découvert un nouveau pays, su y faire sa place, et il est maintenant à la tête d ‘une entreprise et vice-président et associé d’une autre qui sont toutes les deux en pleine croissance, et dont la seconde enverra probablement 800 conteneurs outre-mer en 2018. Fier de son succès, il demeure humble et c’est ce qui le rend d’autant plus inspirant. « Tous ceux que j’ai rencontrés ont contribué à ce que je suis aujourd’hui et à ce que je construis aujourd’hui », admet-il sans hésiter. Quand on le questionne sur ses projets pour l’avenir, il prend quelques minutes pour y penser, puis s’arrête net : « un bateau! » pour ouvrir le « Canada au monde », une formule qu’on retrouve aussi sur le site web de son entreprise. Mais plus concrètement pour assurer une liaison directe entre l’Afrique et l’Amérique du Nord, sans que les colis doivent transiter par l’Europe, faute de volume nécessaire. Décidément, Louis Batcho ne cessera jamais de créer des ponts entre ses origines et son pays d’accueil!

Propos recueillis par: Soraya Elbekkali (CARI St-Laurent)

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